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Historique

En 1975, l’état de l’environnement aquatique de la rivière Magog est à ce point détérioré que la qualité de nos plages est sérieusement compromise, en regard des standards de l’époque. Le conseil municipal de Sherbrooke est alors saisi du dossier et ordonne la création d’un comité ad hoc chargé de faire le point sur les plages publiques. Ce comité formé de citoyens et d’élus prendra le nom de C.H.A.R.M. pour Comité d’hygiène et d’aménagement de la rivière Magog, et agira dès lors à titre d’organisme-conseil dans le domaine de l’environnement aquatique.

L’ère du virage environnemental s’amorce alors et les efforts ne seront pas ménagés par ses administrateurs pour atteindre le but ultime, soit la récupération du plan d’eau pour ses citoyens (Le défi d’aménager une rivière en milieu urbain) et l’implantation d’un programme d’assainissement. Preuves à l’appui, analyses en main, la Ville ne peut plus faire marche arrière devant l’urgence d’agir et la splendeur de l’environnement à sauvegarder. En 1976, la Ville de Sherbrooke procède donc à la construction du réseau collecteur de la rivière Magog.

En 1983, le Comité CHARM élargit son champ d’intervention pour inclure la rivière Saint-François dans les limites municipales et devient le Comité CHARMES. Bien que son champ d’intervention soit limité au territoire sherbrookois en vertu de son mandat, il exerce toutefois son influence et son leadership en matière de restauration aquatique sur un territoire beaucoup plus vaste, soit tout le bassin de la rivière Saint-François. Dynamique et audacieux, il justifie l’action et devient un catalyseur avant-gardiste du développement environnemental.

L’année 1986 s’inscrit comme une période marquante de son développement puisque la Ville de Sherbrooke, de concert avec les gouvernements supérieurs, met en œuvre un imposant projet de restauration des berges de la rivière Magog et confie à CHARMES la coordination des travaux d’aménagement. Ces travaux majeurs marquent le début d’un autre chapitre, car ils amorcent la découverte des valeurs fondamentales du respect de l’environnement, de la cohabitation harmonieuse de l’homme et son environnement et du sentiment d’appartenance à celui-ci. Environ huit kilomètres de sentiers pédestres et de pistes cyclables seront aménagés dans le cadre du programme Berges neuves. CHARMES a gagné son pari!

Devant l’importance des travaux accomplis et la nécessité d’assurer leur pérennité, CHARMES, par mandat municipal, devient en 1987 la Corporation de gestion CHARMES. Depuis, elle s’efforce de maintenir les acquis, d’assurer son travail de surveillance de l’environnement aquatique et de poursuivre ses efforts de sensibilisation des différentes clientèles.

À la suite des fusions municipales, la Ville de Sherbrooke a réorganisé certaines de ses structures et a confié à CHARMES l’aménagement, la gestion et l’opération du réseau cyclable les Grandes-Fourches. Désigné comme le réseau « régional » avant le regroupement des huit municipalités qui composent la nouvelle ville de Sherbrooke, le réseau les Grandes-Fourches est maintenant presque entièrement situé en territoire sherbrookois. Les portions urbaines, anciennement connues sous le nom de Réseau riverain, y ont été intégrées pour offrir aux utilisateurs un vaste parc linéaire homogène totalisant, ainsi 124 kilomètres.

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Le défi d’aménager une rivière en milieu urbain

En 1975, les bancs tournent le dos à la rivière. Les berges ne sont guère invitantes. Plusieurs sites des rivières Magog et Saint-François prennent des allures de cimetières pour vélos, vieilles voitures et frigos. Rares sont les citoyens qui fréquentent ces lieux et qui peuvent voir le potentiel de ces rivières en pleine ville.

Au cours de ses premières années d’existence, CHARMES étudie le potentiel des berges de la rivière Magog et élabore un plan directeur des aménagements. L’année 1986 marquera le début des travaux et chacun des aménagements réalisés sera en lien avec le plan directeur, véritable fil conducteur de ce grand projet visant à redonner la rivière aux citoyens. Mais, avant d’amorcer toute nouvelle phase, que ce soit dans un secteur de la rivière Magog ou de la rivière Saint-François, CHARMES étudie toujours spécifiquement le potentiel d’aménagement du secteur donné, vérifie les contraintes liées à la réalité urbaine et élabore par la suite un plan directeur, lequel servira de trame de fond aux travaux qui seront mis de l’avant.

En aménageant et en améliorant les berges, CHARMES a permis aux citoyens de redécouvrir des sites naturels et de se les réapproprier. La population a développé un sentiment de fierté et prend un soin jaloux à préserver son milieu naturel. Il est loin le temps où chacun utilisait impunément un terrain vague en bordure de la rivière pour y déposer son réfrigérateur hors d’usage. Maintenant, chacun se sent concerné et y met du sien, y compris la Ville de Sherbrooke qui a modifié certaines façons de faire afin de respecter davantage les milieux naturels.

Depuis toujours, la Ville de Sherbrooke est demeurée une fidèle alliée. Nombre de projets reliés à la qualité de l’environnement des milieux naturels du territoire sherbrookois sont réalisés conjointement par la Ville de Sherbrooke et CHARMES. Songeons à des travaux de stabilisation, d’élaboration de propositions d’aménagement ou d’évaluation de problématique. Cette mise en commun des forces respectives des intervenants est des plus profitables et, en bout de ligne, c’est le citoyen qui en bénéficie.

Bien que beaucoup d’efforts de sensibilisation aient été investis, l’aménagement en milieu naturel urbain est un perpétuel défi puisque les agressions du développement urbain peuvent compromettre à tout moment le travail accompli.

Et, en passant, les bancs font maintenant face à la rivière…

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